cest, Ă  ce que je crois, un ĂȘtre pensant et intelligent, capable de raison et de rĂ©flexion, et qui se peut consulter soi-mĂȘme comme le mĂȘme, comme une mĂȘme chose qui RĂ©flexionsur soi-mĂȘme du jour, bonjour ! Sans masque, peut-ĂȘtre sans les formes Je suis tiraillĂ© entre la lumiĂšre et l'ombre, grossiĂšrement. J'ai pleins d'occasions d'Ă©voluer. La vie me fait Exerciced’estime de soi 2 : Garder en mĂ©moire les aspects positifs. Les personnes ayant une faible estime d’elles-mĂȘmes ont tendance Ă  occulter les aspects positifs de leur personnalitĂ©. Elles ont tendance Ă  ruminer et se concentrent exclusivement sur ce qu’elles aimeraient amĂ©liorer. Vay Tiền Nhanh. Un livre de Wikilivres. La conscience est l'intuition plus ou moins claire qu'a un individu de ses Ă©tats mentaux, de son existence et du monde qui l'entoure objets et ĂȘtres potentiellement douĂ©s de conscience. La conscience porte donc sur ce qui se passe dans l'esprit d'un individu ses opĂ©rations cognitives raisonnements, jugements, ses attitudes propositionnelles je crois que, je souhaite que, les aspects de sa personnalitĂ© et de ses actions identitĂ© du soi et conscience morale, ses perceptions internes corps propre et les effets subjectifs de l'expĂ©rience sensible appelĂ©s qualia ; elle porte Ă©galement sur le monde extĂ©rieur, sur l'environnement, sur des entitĂ©s vivantes douĂ©es ou non de conscience autrui, ce qui semble faire de la conscience un critĂšre de distinction entre un moi et un non-moi c'est de moi dont j'ai conscience. DĂ©signant deux rĂ©alitĂ©s distinctes, le mot conscience est utilisĂ© dans des expressions distinctes, ou bien il existe, dans certaines langues, des mots distincts, ce qui Ă©vite d'en confondre les diffĂ©rents sens le fait pour un ĂȘtre de possĂ©der une reprĂ©sentation, mĂȘme trĂšs simplifiĂ©e, du monde extĂ©rieur et d'y rĂ©agir se nomme conscience du monde ou en anglais awareness ; le fait pour un ĂȘtre de possĂ©der une reprĂ©sentation, mĂȘme trĂšs simplifiĂ©e, de certaines activitĂ©s qu'il rapporte Ă  un soi-mĂȘme se nomme conscience de soi, ou en anglais consciousness. On considĂšre en gĂ©nĂ©ral que cette seconde forme de conscience inclut la premiĂšre. L'Ă©tude de la conscience concerne plusieurs disciplines, la psychologie, la psychiatrie, la philosophie de l'esprit et la philosophie de l'action, et il existe dans chacune plusieurs types de thĂ©ories de la conscience qui s'efforcent de rendre compte de ce phĂ©nomĂšne. Il est possible de ramener les principaux problĂšmes de ces disciplines Ă  quelques questions fondamentales quelle est la nature de la conscience ? quelle est l'origine de la conscience ? comment se constitue-t-elle ou comment se dĂ©veloppe-t-elle ? quel est son mode d'existence ? comment peut-elle exister Ă  partir d'entitĂ©s non-conscientes ? quelles sont ses propriĂ©tĂ©s ? quelle est sa fonction ? a-t-elle une causalitĂ© propre et, si oui, de quelle nature ? quelles relations la conscience a-t-elle avec les autres phĂ©nomĂšnes de la rĂ©alitĂ©, physiques et mentaux ? Manuel de philosophie Sujet Conscience - PerceptionInconscient - Autrui - DĂ©sirExistence et temps Culture Langage - ArtTravail et techniqueReligion - Histoire Raison et rĂ©el ThĂ©orie et expĂ©rienceDĂ©monstrationInterprĂ©tation - VivantMatiĂšre et esprit - VĂ©ritĂ© Politique SociĂ©tĂ©Justice et droit - État Morale LibertĂ© - Devoir - Bonheur RepĂšres Origine du mot[modifier modifier le wikicode] Il n'existe aucun concept comparable Ă  celui de conscience dans la philosophie grecque, et ce n'est qu'au XVIIĂšme siĂšcle que le terme devient un fondement de la rĂ©flexion sur l'esprit. Chez certains auteurs romains, le mot latin prend une dimension morale dĂ©rivĂ©e du droit, exprimant le fait de se prendre soi-mĂȘme pour tĂ©moin. Le concept de conscience n'a Ă©tĂ© isolĂ© de sa signification morale qu'Ă  partir de Locke, dans son Essai sur l'entendement humain. Avant lui le mot conscience n'a jamais le sens moderne. En particulier, Descartes ne l'emploie quasiment jamais en ce sens, bien qu'il dĂ©finisse la pensĂ©e comme une conscience des opĂ©rations qui se produisent en nous cf. Principes de la philosophie. C'est le traducteur de Locke, Pierre Coste, qui a introduit l'usage moderne du mot conscience donc, en français, mais le sens du mot consciouness Ă©tait bien sĂ»r tout aussi nouveau associĂ© Ă  l'idĂ©e d'un soi-mĂȘme dont la conscience exprime l'identitĂ©. Distinctions des sens du mot conscience[modifier modifier le wikicode] Le concept de conscience a de nombreux sens que l'on peut s'efforcer de distinguer, bien que dans certains cas, ces diffĂ©rences soient surtout des diffĂ©rences de degrĂ©s La conscience comme sensation tout ĂȘtre douĂ© de sensibilitĂ© peut ĂȘtre dit conscient, dans la mesure oĂč il perçoit son environnement et oĂč il rĂ©pond Ă  des stimuli ; la conscience spontanĂ©e, sentiment intĂ©rieur immĂ©diat ; certains philosophes de l'AntiquitĂ© par exemple les StoĂŻciens parlent de toucher intĂ©rieur ; on peut distinguer une Ă©tape supĂ©rieure, en signifiant par le mot conscience un Ă©tat d'Ă©veil de l'organisme, Ă©tat qui diffĂšre du prĂ©cĂ©dent par le fait qu'il ne se rĂ©duit pas Ă  la passivitĂ© de la sensibilitĂ© cf. en anglais, le mot wakefulness, vigilance, alerte; en ce sens, il n'y a pas de conscience dans l'Ă©tat de sommeil profond ou dans le coma ; Conscience de soi la conscience est la prĂ©sence de l'esprit Ă  lui-mĂȘme dans ses reprĂ©sentations, comme connaissance rĂ©flexive du sujet qui se sait percevant. Par cette prĂ©sence, un individu prend connaissance, par un sentiment ou une intuition intĂ©rieurs, d'Ă©tats psychiques qu'il se rapporte Ă  lui-mĂȘme en tant que sujet. Cette rĂ©flexivitĂ© renvoie Ă  une unitĂ© problĂ©matique du moi et de la pensĂ©e, et Ă  la croyance tout aussi problĂ©matique que nous sommes Ă  l'origine de nos actes ; ce dernier sens est une connaissance de notre Ă©tat conscient aux premiers sens. Le domaine d'application est assez imprĂ©cis et comporte des degrĂ©s s'il s'agit d'une conscience claire et explicite, les enfants ne possĂšdent sans doute pas la conscience en ce sens ; s'il s'agit d'un degrĂ© moindre de conscience, d'une sorte d'Ă©veil Ă  soi, alors non seulement les enfants peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme conscients, mais peut-ĂȘtre aussi certains animaux. un autre sens du mot conscience a Ă©tĂ© introduit par le philosophe Thomas Nagel il s'agit de la conscience pour un ĂȘtre de ce que cela fait d'ĂȘtre ce qu'il est. la conscience comme conscience de quelque chose conscience transitive, opposĂ©e Ă  l'intransitivitĂ© du fait d'ĂȘtre conscient. Cette conscience renvoie Ă  l'existence problĂ©matique du monde extĂ©rieur et Ă  notre capacitĂ© de le connaĂźtre ; la conscience intellectuelle, intuition des essences ou des concepts. la conscience phĂ©nomĂ©nale, en tant que structure de notre expĂ©rience. Dans l'ensemble de ces distinctions, on peut noter une conception de la conscience comme savoir de soi et perception immĂ©diate de la pensĂ©e, et une autre comme sentiment de soi impliquant un sous-bassement obscur et un devenir conscient qui sont en gĂ©nĂ©ral exclus de la premiĂšre conception. Le concept de conscience peut ĂȘtre opposĂ© Ă  l'inconscient, Ă  l'inconscience, Ă  l'inattention, Ă  la distraction, au divertissement, etc. conscience morale est le jugement moral de nos actions. Dans ce cas, la conscience nous permet de distinguer le bien du mal. C'est le sens premier du mot "conscience", que l'on trouve chez CicĂ©ron et Quintillien. Les propriĂ©tĂ©s de la conscience[modifier modifier le wikicode] La conscience prĂ©sente certains traits caractĂ©ristiques Le rapport au moi ; la subjectivitĂ© la conscience que j'ai de moi-mĂȘme est distincte de celle d'autrui ; la structure phĂ©nomĂ©nale ; la mĂ©moire ; la disponibilitĂ©, ou libertĂ© de la conscience Ă  l'Ă©gard des objets du monde ; la temporalitĂ© ; la sĂ©lectivitĂ© ; l’intentionnalitĂ© toute conscience est conscience de quelque chose, est tournĂ©e vers autre chose qu’elle-mĂȘme "la conscience n'a pas de dedans, elle n'est rien que le dehors d'elle-mĂȘme." Sartre ; l'unitĂ© ou synthĂšse de l'expĂ©rience. Conscience de soi[modifier modifier le wikicode] La conscience s'accompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et de savoir que nous rapportons Ă  une rĂ©alitĂ© intĂ©rieure que nous nommons moi. Cette conscience est appelĂ©e conscience de soi, et est structurĂ©e par la mĂ©moire et l'entendement. Elle est en ce sens une unitĂ© synthĂ©tique sous-jacente Ă  tous nos comportements volontaires. Les Ă©lĂ©ments qu'elle contient, souvenirs, sentiments, jugements, dĂ©pendent d'un contexte culturel, ce qui fait de la conscience de soi une rĂ©alitĂ© empirique changeante et multiple. L'unitĂ© et la permanence du moi ne sont donc pas garanties par l'unitĂ© de la conscience. Le rapport en premiĂšre personne[modifier modifier le wikicode] L'introspection est la rĂ©elle source de connaissances sur la conscience qui vient gĂ©nĂ©ralement tout de suite Ă  l'esprit quand on pose la question de la mĂ©thode d'investigation Ă  suivre. C'est un fait que nous pensons avoir un accĂšs privilĂ©giĂ© Ă  notre esprit, accĂšs dont la conscience serait l'expression. Mais l'investigation de notre vie mentale n'est certainement pas suffisante pour Ă©laborer une thĂ©orie de la conscience Ă©tendue il est mĂȘme nĂ©cessaire d'examiner la conscience Ă  la troisiĂšme personne, et de se demander comment il peut ĂȘtre possible d'observer la conscience de l'extĂ©rieur. Courant de conscience[modifier modifier le wikicode] L'idĂ©e de conscience de soi pose le problĂšme de l'unitĂ© d'un sujet, d'un moi ou d'un conscience. On peut trĂšs gĂ©nĂ©ralement distinguer deux types d'hypothĂšse la conscience est l'expression d'une unitĂ© interne ; cette unitĂ© peut ĂȘtre comprise de diffĂ©rentes maniĂšres unitĂ© d'un individu ; unitĂ© transcendantale. la conscience n'est qu'une liaison d'agrĂ©gats d'impressions Hume qui peut ĂȘtre dĂ©crite comme une suite plus ou moins cohĂ©rentes de rĂ©cits sur un sujet purement virtuel. Conscience du monde extĂ©rieur[modifier modifier le wikicode] Selon Husserl, qui reprend un concept mĂ©diĂ©val, toute conscience est conscience de quelque chose. Cela suppose que la conscience soit un effort d'attention qui se concentre autour d'un objet. Cette concentration est structurĂ©e par l'expĂ©rience ou par des catĂ©gories a priori de l'entendement, structures que l'on considĂšre parfois comme les fondements de toute connaissance du monde extĂ©rieur. Dans l'idĂ©alisme moderne la conscience est ainsi la source et l'origine de la science et de la philosophie. Structure phĂ©nomĂ©nale de la conscience[modifier modifier le wikicode] Dans la question de savoir quelles relations la conscience entretient avec la rĂ©alitĂ© en gĂ©nĂ©ral, une description phĂ©nomĂ©nologique rĂ©pond que celle-ci a une structure spatiale et temporelle, structure qui est une organisation des concepts qui concernent notre expĂ©rience du monde et nous-mĂȘmes en tant qu'acteurs de ce monde. Conscience morale[modifier modifier le wikicode] Les thĂ©ories de la conscience[modifier modifier le wikicode] La rĂ©alitĂ© de la conscience[modifier modifier le wikicode] Les questions de savoir ce qui caractĂ©rise la conscience, quels sont sa fonction et ses rapports avec elle-mĂȘme ne prĂ©jugent pas nĂ©cessairement du statut ontologique qu'il est possible de lui donner. On peut par exemple considĂ©rer que la conscience est une partie de la rĂ©alitĂ© qui se manifeste dans des Ă©tats de conscience tout en Ă©tant plus qu'une simple abstraction produite Ă  partir de l'adjectif "conscient". Cette thĂšse rĂ©aliste n'a plus beaucoup de dĂ©fenseurs de nos jours. L'une des raisons est que l'investigation descriptive rend inutile ce genre d'hypothĂšses rĂ©alistes. Dualisme Physicalisme La conscience du point de vue matĂ©rialiste ThĂ©ories cognitivistes À quoi sert la conscience ?[modifier modifier le wikicode] RĂ©gulation du comportement et interface avec le monde extĂ©rieur selon la thĂ©orie de l' access consciousness, l'Ă©tat de conscience est un accĂšs Ă  une information susceptible d'ĂȘtre utile Ă  l'organisme et de le guider. La conscience est donc un Ă©tat indĂ©pendant Ă  la fois de ce que cela fait d'ĂȘtre conscient de telle ou telle chose et de toute idĂ©e de structure phĂ©nomĂ©nale. Fonction sociales Sujets de dissertation[modifier modifier le wikicode] La conscience est-elle une exclusivitĂ© humaine ? N'exprime-t-on que ce dont on a conscience ? Les consciences peuvent-elles communiquer les unes avec les autres ? La conscience peut-elle ĂȘtre objective ? La conscience me fait-elle connaĂźtre que je suis libre ? La conscience rĂšgne mais ne gouverne pas. La conscience de soi doit-elle quelque chose Ă  la prĂ©sence d'autrui ? Peut-on connaĂźtre le moi ? Le monde a-t-il besoin de moi ? Suis-je le mieux placĂ© pour savoir ce que je suis ? Suis-je ce que j'ai conscience d'ĂȘtre ? Peut-on ne pas ĂȘtre soi-mĂȘme ? Le moi est-il haĂŻssable ? Pourquoi prive-t-on l'animal de conscience ? La certitude est-elle un signe de pensĂ©e morte ? Sommes nous conscients ou avons nous Ă  nous rendre conscients? Peut-on connaĂźtre le moi ? Que peut-on savoir de soi ? Suis-je responsable de ce dont je n’ai pas conscience ? Peut-on dire que le corps est le malheur de la conscience ? Peut-on ne pas savoir ce que l’on fait ? Peut-on ĂȘtre Ă  la fois sage et ignorant ? Doit-on apprendre Ă  devenir soi-mĂȘme? Peut-on douter de tout ? Peut-on ne pas ĂȘtre soi-mĂȘme ? Puis-je savoir qui je suis ? Suis-je le mieux placĂ© pour me connaĂźtre moi-mĂȘme ? Pourquoi l'homme peut-il parfois dĂ©sirer l'inconscience ? Peut-on parler de connaissance de soi ? Qu'est-ce que se connaĂźtre soi-mĂȘme ? Que peut-on savoir de soi ? Qu'est-ce qu'avoir bonne conscience ? Suffit-il d'ĂȘtre conscient pour se connaĂźtre ? Peut on se fier Ă  la conscience? La conscience est-elle source de libertĂ© ou de contraintes ? L’Univers peut-il ĂȘtre conscient de lui-mĂȘme ? Textes d'Ă©tudes[modifier modifier le wikicode] Platon, Charmide[modifier modifier le wikicode] CRITIAS. J'aurais mĂȘme presque envie de dire que se connaĂźtre soi-mĂȘme, c'est cela la sagesse, et je suis d'accord avec l'auteur de l'inscription de Delphes. ... VoilĂ  en quels termes, diffĂ©rents de ceux des hommes, le dieu s'adresse Ă  ceux qui entrent dans son temple si je comprends bien l'intention de l'auteur de l'inscription. À chaque visiteur, il ne dit rien d'autre, en vĂ©ritĂ©, que Sois sage ! » Certes, il s'exprime en termes un peu Ă©nigmatiques, en sa qualitĂ© de devin. Donc, selon l'inscription et selon moi, connais-toi toi-mĂȘme » et sois sage », c'est la mĂȘme chose ! ... SOCRATE. Dis-moi donc ce que tu penses de la sagesse. CRITIAS. Je pense que seule entre toutes les sciences, la sagesse est science d'elle-mĂȘme et des autres sciences. SOCRATE. Donc elle sera aussi la science de l'ignorance, si elle l'est de la science ? CRITIAS. AssurĂ©ment. SOCRATE. En ce cas, le sage seule connaĂźtra lui-mĂȘme et sera capable de discerner ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas ; et de mĂȘme pour les autres, il aura le pouvoir d'examiner ce que chacun sait et a conscience Ă  juste titre de savoir, mais aussi ce qu'il croit Ă  tort savoir. De cela, aucun autre homme n'est capable. Finalement, l'attitude sĂŽphronein = ĂȘtre sage et la vertu sĂŽphrosunĂš de sagesse, de mĂȘme que la connaissance de soi-mĂȘme consistent Ă  savoir ce qu'on ne sait pas. Est-ce bien lĂ  ta pensĂ©e ? Charmide, 164d-167a. Marc-AurĂšle, PensĂ©es[modifier modifier le wikicode] Voici les propriĂ©tĂ©s de l'Ăąme raisonnable elle se contemple elle-mĂȘme, se plie, se tourne et se fait ce qu'elle veut ĂȘtre; elle recueille les fruits qu'elle porte, au lieu que les productions des plantes et des animaux sont recueillis par d'autres. En quelque moment que la vie se termine, elle a toujours atteint le but oĂč elle visait. Car il n'en est pas de la vie comme d'une danse et d'une piĂšce de théùtre, ou d'autres reprĂ©sentations, qui restent imparfaites et dĂ©fectueuses si on les interrompt. À quelque Ăąge, en quelque lieu que la mort la surprenne, elle forme du temps passĂ© un tout achevĂ© et complet, de sorte qu'elle peut dire J'ai tout ce qui m'appartient.» De plus, elle parcourt l'univers entier et le vide qui l'environne; elle examine sa figure. Elle s'Ă©tend jusqu'Ă  l'Ă©ternitĂ©; elle embrasse et considĂšre le renouvellement de l'univers fixĂ© Ă  des Ă©poques certaines; elle conçoit que nos neveux ne verront rien de nouveau, comme ceux qui nous ont devancĂ©s n'ont rien vu de mieux que ce que nous voyons, et qu'ainsi un homme qui a vĂ©cu quarante ans, pour peu qu'il ait de l'entendement, a vu, en quelque maniĂšre, tout ce qui a Ă©tĂ© avant lui et qui sera aprĂšs, puisque tous les siĂšcles se ressemblent. Les autres propriĂ©tĂ©s de l'Ăąme sont l'amour du prochain, la vĂ©ritĂ©, la pudeur, et de ne respecter personne plus que soi-mĂȘme, ce qui est le propre de la loi. C'est ainsi que la droite raison ne diffĂšre en rien des rĂšgles de la justice. PensĂ©es, livre XI, art. 1 Descartes, Lettre Ă  Gibieuf[modifier modifier le wikicode] La raison pour laquelle je crois que l'Ăąme pense toujours, est la mĂȘme qui me fait croire que la lumiĂšre luit toujours, bien qu'il n'y ait point d'yeux qui la regardent ; que la chaleur est toujours chaude, bien qu'on ne s'y chauffe point ; que le corps, ou la substance Ă©tendue, a toujours de l'extension ; et gĂ©nĂ©ralement, que ce qui constitue la nature d'une chose et toujours en elle, pendant qu'elle existe ; en sorte qu'il me serait plus aisĂ© de croire que l'Ăąme cesserait d'exister, quand on dit qu'elle cesse de penser, que non pas de concevoir, qu'elle fĂ»t sans pensĂ©e. Et je ne vois ici aucune difficultĂ©, sinon qu'on juge superflu de croire qu'elle pense, lorsqu'il ne nous en demeure aucun souvenir par aprĂšs. Mais si on considĂšre que nous avons toutes les nuits mille pensĂ©es, et mĂȘme en veillant que nous en avons eu mille depuis une heure, dont il ne nous reste plus aucune trace en la mĂ©moire, et dont nous ne voyons pas mieux l'utilitĂ©, que de celles que nous pouvons avoir eues avant que de naĂźtre, on aura bien moins de peine Ă  se le persuader qu'Ă  juger qu'une substance dont la nature est de penser, puisse exister, et toutefois ne penser point. Lettre Ă  Gibieuf, 19 janvier 1642, Garnier T. II, p. 909. Descartes, MĂ©ditations mĂ©taphysiques[modifier modifier le wikicode] La mĂ©ditation que je fis hier m'a rempli l'esprit de tant de doutes, qu'il n'est plus dĂ©sormais en ma puissance de les oublier. Et cependant je ne vois pas de quelle façon je les pourrai rĂ©soudre; et comme si tout Ă  coup j'Ă©tais tombĂ© dans une eau trĂšs profonde, je suis tellement surpris que je ne puis ni assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au-dessus. Je m'efforcerai nĂ©anmoins, et suivrai derechef la mĂȘme voie oĂč j'Ă©tais entrĂ© hier, en m'Ă©loignant de tout ce en quoi je pourrai imaginer le moindre doute, tout de mĂȘme que si je connaissais que cela fĂ»t absolument faux; et je continuerai toujours dans ce chemin, jusqu'Ă  ce que j'aie rencontrĂ© quelque chose de certain, ou du moins, si je ne puis autre chose, jusqu'Ă  ce que j'aie appris certainement qu'il n'y a rien au monde de certain. ArchimĂšde, pour tirer le globe terrestre de sa place et le transporter en un autre lieu, ne demandait rien qu'un point qui fĂ»t fixe et assurĂ©. Ainsi j'aurai droit de concevoir de hautes espĂ©rances si je suis assez heureux pour trouver seulement une chose qui soit certaine et indubitable. Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses; je me persuade que rien n'a jamais Ă©tĂ© de tout ce que ma mĂ©moire remplie de mensonges me reprĂ©sente; je pense n'avoir aucun sens; je crois que le corps, la figure, l'Ă©tendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu'est-ce donc qui pourra ĂȘtre estimĂ© vĂ©ritable ? Peut-ĂȘtre rien autre chose, sinon qu'il n'y a rien au monde de certain. Mais que sais-je s'il n'y a point quelque autre chose diffĂ©rente de celles que je viens de juger incertaines, de laquelle on ne puisse avoir le moindre doute ? N'y a-t-il point quelque Dieu, ou quelque autre puissance, qui me met en l'esprit ces pensĂ©es ? Cela n'est pas nĂ©cessaire, car peut-ĂȘtre que je suis capable de les produire de moi-mĂȘme. Moi donc Ă  tout le moins ne suis-je pas quelque chose ? Mais j'ai dĂ©jĂ  niĂ© que j'eusse aucun sens ni aucun corps. J'hĂ©site nĂ©anmoins, car que s'ensuit-il de lĂ  ? Suis-je tellement dĂ©pendant du corps et des sens que je ne puisse ĂȘtre sans eux ? Mais je me suis persuadĂ© qu'il n'y avait rien du tout dans le monde, qu'il n'y avait aucun ciel, aucune terre, aucuns esprits, ni aucuns corps; ne me suis-je donc pas aussi persuadĂ© que je n'Ă©tais point ? Non certes, j'Ă©tais sans doute, si je me suis persuadĂ©, ou seulement si j'ai pensĂ© quelque chose. Mais il y a un je ne sais quel trompeur trĂšs puissant et trĂšs rusĂ©, qui emploie toute son industrie Ă  me tromper toujours. Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe; et qu'il me trompe tant qu'il voudra, il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai ĂȘtre quelque chose. De sorte qu'aprĂšs y avoir bien pensĂ©, et avoir soigneusement examinĂ© toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition Je suis, j'existe, est nĂ©cessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit. MĂ©ditations mĂ©taphysiques 1641, MĂ©ditation seconde Pascal[modifier modifier le wikicode] Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tĂȘte car ce n'est que l'expĂ©rience qui nous apprend que la tĂȘte est plus nĂ©cessaire que les pieds. Mais je ne puis concevoir l'homme sans pensĂ©e ce serait une pierre ou une brute. PensĂ©e fait la grandeur de l'homme. L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'Ă©craser une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'Ă©craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignitĂ© consiste donc en la pensĂ©e. C'est de lĂ  qu'il faut nous relever et non de l'espace et de la durĂ©e, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc Ă  bien penser voilĂ  le principe de la morale. Roseau pensant. — Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignitĂ©, mais c'est du rĂšglement de ma pensĂ©e. Je n'aurai pas davantage en possĂ©dant des terres par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point; par la pensĂ©e, je le comprends. PensĂ©es 1670, fragments 339, 346, 347 et 348 PASCAL[modifier modifier le wikicode] La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaĂźt misĂ©rable. Un arbre ne se connaĂźt pas misĂ©rable. C'est donc ĂȘtre misĂ©rable que de se connaĂźtre misĂ©rable ; mais c'est ĂȘtre grand que de connaĂźtre qu'on est misĂ©rable. Penser fait la grandeur de l'homme. Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tĂȘte car ce n'est que l'expĂ©rience qui nous apprend que la tĂȘte est plus nĂ©cessaire que les pieds. Mais je ne puis concevoir un homme sans pensĂ©e ce serait une pierre ou une brute. [...] L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'Ă©craser une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'Ă©craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage de l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignitĂ© consiste donc en la pensĂ©e. C'est de lĂ  qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durĂ©e, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc Ă  bien penser voilĂ  le principe de la morale PensĂ©es LOCKE[modifier modifier le wikicode] Cela posĂ©, pour trouver en quoi consiste l'identitĂ© personnelle, il faut voir ce qu'emporte le mot de personne. C'est, Ă  ce que je crois, un Être pensant et intelligent, capable de raison et de rĂ©flexion, et qui se peut consulter soi-mĂȘme comme le mĂȘme, comme une mĂȘme chose qui pense en diffĂ©rents temps et en diffĂ©rents lieux ; ce qu'il fait uniquement par le sentiment qu'il a de ses propres actions, lequel est insĂ©parable de la pensĂ©e, et lui est, ce me semble, entiĂšrement essentiel, Ă©tant impossible Ă  quelque Être que ce soit d'apercevoir sans apercevoir qu'il aperçoit. Lorsque nous voyons, que nous entendons, que nous flairons, que nous goĂ»tons, que nous sentons, que nous mĂ©ditons, ou que nous voulons quelque chose, nous le connaissons Ă  mesure que nous le faisons. Cette connaissance accompagne toujours nos sensations et nos perceptions prĂ©sentes et c'est par lĂ  que chacun est Ă  lui-mĂȘme ce qu'il appelle soi-mĂȘme. ... Car puisque la conscience accompagne toujours la pensĂ©e, et que c'est lĂ  ce qui fait que chacun est ce qu'il nomme soi-mĂȘme, et par oĂč il se distingue de toute autre chose pensante c'est aussi en cela seul que consiste l'identitĂ© personnelle, ou ce qui fait qu'un Être raisonnable est toujours le mĂȘme. Et aussi loin que cette conscience peut s'Ă©tendre sur les actions ou les pensĂ©es dĂ©jĂ  passĂ©es, aussi loin s'Ă©tend l'identitĂ© de cette personne le soi est prĂ©sentement le mĂȘme qu'il Ă©tait alors et cette action passĂ©e a Ă©tĂ© faite par le mĂȘme soi que celui qui se la remet Ă  prĂ©sent dans l'esprit. Essai philosophique concernant l'entendement humain HUME[modifier modifier le wikicode] Il y a certains philosophes qui imaginent que nous avons Ă  tout moment la conscience intime de ce que nous appelons notre moi ; que nous sentons son existence et sa continuitĂ© d'existence ; et que nous sommes certains, plus que par l'Ă©vidence d'une dĂ©monstration, de son identitĂ© et de sa simplicitĂ© parfaites. Pour ma part, quand je pĂ©nĂštre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je bute toujours sur une perception particuliĂšre ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumiĂšre ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception. Quand mes perceptions sont Ă©cartĂ©es pour un temps, comme par un sommeil tranquille, aussi longtemps, je n'ai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je n'existe pas. Si toutes mes perceptions Ă©taient supprimĂ©es par la mort et que je ne puisse ni penser ni sentir, ni voir, ni aimer, ni haĂŻr aprĂšs la dissolution de mon corps, je serais entiĂšrement annihilĂ© et je ne conçois pas ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi un parfait nĂ©ant. Si quelqu'un pense, aprĂšs une rĂ©flexion sĂ©rieuse et impartiale, qu'il a, de lui-mĂȘme, une connaissance diffĂ©rente, il me faut l'avouer, je ne peux raisonner plus longtemps avec lui. TraitĂ© de la nature humaine, trad. A. Leroy, t. I, Aubier-Montaigne, 1968, pp. 342-344. ROUSSEAU[modifier modifier le wikicode] Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et cĂ©leste voix ; guide assurĂ© d'un ĂȘtre ignorant et bornĂ©, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Ă  Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralitĂ© de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui m'Ă©lĂšve au-dessus des bĂȘtes, que le triste privilĂšge de m'Ă©garer d'erreurs en erreurs Ă  l'aide d'un entendement sans rĂšgle et d'une raison sans principe. GrĂące au ciel, nous voilĂ  dĂ©livrĂ©s de tout cet effrayant appareil de philosophie nous pouvons ĂȘtre hommes sans ĂȘtre savants ; dispensĂ©s de consumer notre vie Ă  l'Ă©tude de la morale, nous avons Ă  moindres frais un guide plus assurĂ© dans ce dĂ©dale immense des opinions humaines. Mais ce n'est pas assez que ce guide existe, il faut savoir le reconnaĂźtre et le suivre. S'il parle Ă  tous les cƓurs, pourquoi donc y en a-t-il si peu qui l'entendent ? Eh ! c'est qu'il nous parle la langue de la nature, que tout nous a fait oublier. La conscience est timide, elle aime la retraite et la paix ; le monde et le bruit l'Ă©pouvantent les prĂ©juges dont on la fait naĂźtre sont ses plus cruels ennemis ; elle fuit ou se tait devant eux leur voix bruyante Ă©touffe la sienne et l'empĂȘche de se faire entendre ; le fanatisme ose la contrefaire, et dicter le crime en son nom. Elle se rebute enfin Ă  force d'ĂȘtre Ă©conduite ; elle ne nous parle plus, elle ne nous rĂ©pond plus, et, aprĂšs de si longs mĂ©pris pour elle, il en coĂ»te autant de la rappeler qu'il en coĂ»ta de la bannir. Profession de foi du vicaire savoyard KANT[modifier modifier le wikicode] Le Je pense doit pouvoir accompagner toutes mes reprĂ©sentations ; car, sinon, quelque chose serait reprĂ©sentĂ© en moi qui ne pourrait pas du tout ĂȘtre pensĂ©, ce qui revient Ă  dire que la reprĂ©sentation serait impossible, ou, du moins, qu'elle ne serait rien pour moi. Une telle reprĂ©sentation, qui peut ĂȘtre donnĂ©e avant toute pensĂ©e Denken, s'appelle intuition. Donc tout divers de l'intuition a un rapport nĂ©cessaire au Je pense dans ce mĂȘme sujet oĂč ce divers se rencontre. Mais cette reprĂ©sentation est un acte de la spontanĂ©itĂ©, c'est-Ă -dire qu'elle ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme appartenant Ă  la sensibilitĂ©. Je l'appelle l'aperception pure, pour la distinguer de l'aperception empirique, ou encore l'aperception originaire, parce qu'elle est cette conscience de soi qui, tout en produisant la reprĂ©sentation Je pense, doit pouvoir accompagner toutes les autres reprĂ©sentations, et qui, une et identique en toute conscience, ne peut ĂȘtre accompagnĂ©e au-delĂ  weiterbegleitet d'aucune. Critique de la Raison pure, 2e ed, 1787 HEGEL[modifier modifier le wikicode] Le contenu concret de la certitude sensible la fait apparaĂźtre Ă  premiĂšre vue comme la connaissance la plus riche, voire comme une connaissance d'une richesse infinie, pour laquelle on ne peut trouver aucune limite, ni quand nous allons au-delĂ  d'elle dans l'espace et le temps oĂč elle se dĂ©ploie, - ni quand nous dĂ©tachons un fragment de cette plĂ©nitude et que nous y pĂ©nĂ©trons en le divisant. Elle apparaĂźt de plus comme la plus vraie, car elle n'a encore rien Ă©cartĂ© de l'objet, mais l'a devant elle tout entier. Cependant, en fait cette certitude se rĂ©vĂšle comme la vĂ©ritĂ© la plus abstraite et la plus pauvre. De ce qu'elle sait elle dit seulement cela est » ; sa vĂ©ritĂ© ne contient que l'ĂȘtre de la chose. D'un autre cĂŽtĂ©, la conscience n'est dans cette certitude que le Moi pur, en d'autres termes Je suis lĂ  seulement comme pur Celui-ci et l'objet n'est que pur Celui-lĂ . La PhĂ©nomĂ©nologie de l'esprit NIETZSCHE[modifier modifier le wikicode] Du gĂ©nie de l'espĂšce ». Le problĂšme de la conscience ou plus exactement de la conscience de soi ne se prĂ©sente Ă  nous que lorsque nous commençons Ă  comprendre en quelle mesure nous pourrions nous passer de la conscience la physiologie et la zoologie nous placent maintenant au dĂ©but de cette comprĂ©hension il a donc fallu deux siĂšcles pour rattraper la prĂ©monitoire dĂ©fiance de Leibniz1, Car nous pourrions penser, sentir, vouloir, nous souvenir, nous pourrions Ă©galement agir » dans toutes les acceptions du mot, sans qu'il soit nĂ©cessaire que nous ayons conscience » de tout cela. La vie tout entiĂšre serait possible sans qu'elle se vĂźt en quelque sorte dans une glace comme d'ailleurs, maintenant encore, la plus grande partie de la vie s'Ă©coule chez nous sans qu'il y ait une pareille rĂ©flexion , et de mĂȘme la partie pensante, sensitive et agissante de notre vie, quoiqu'un philosophe ancien puisse trouver quelque chose d'offensant dans cette idĂ©e. Pourquoi donc la conscience si, pour tout ce qui est essentiel, elle est superflue ? DĂšs lors, si l'on veut Ă©couter ma rĂ©ponse Ă  cette question et les suppositions, peut-ĂȘtre lointaines, qu'elle me suggĂšre, la finesse et la force de la conscience me paraissent toujours ĂȘtre en rapport avec la facultĂ© de communication d'un homme ou d'un animal, et cette facultĂ© fonction du besoin de communiquer mais il ne faut pas entendre ceci comme si l'individu qui serait justement maĂźtres dans l'art de communiquer et d'expliquer ses besoins devrait ĂȘtre lui-mĂȘme rĂ©duit, plus que tout autre, Ă  compter sur ses semblables pour ses besoins. Il me semble en revanche qu'il en est ainsi pour des races tout entiĂšres et des gĂ©nĂ©rations successives quand le besoin, la misĂšre, ont longtemps forcĂ© les hommes Ă  se communiquer, Ă  se comprendre rĂ©ciproquement d'une façon rapide et subite, il finit par se former un excĂ©dent de cette force et de cet art de la communication, en quelque sorte une fortune qui s'est amassĂ©e peu Ă  peu, et qui attend maintenant un hĂ©ritier qui la dĂ©pense avec prodigalitĂ© ceux que l'on appelle des artistes sont de ces hĂ©ritiers, de mĂȘme les orateurs, les prĂ©dicateurs, les Ă©crivains toujours des hommes qui arrivent au bout d'une longue chaĂźne, des hommes tardifs au meilleur sens du mot, et qui, de par leur nature, sont des dissipateurs. En admettant que cette observation soit juste, je puis continuer par cette supposition que la conscience s'est seulement dĂ©veloppĂ©e sous la pression du besoin de communication, que, de prime abord, elle ne fut nĂ©cessaire et utile que dans les rapports d'homme Ă  homme surtout dans les rapports entre ceux qui commandent et ceux qui obĂ©issent et qu'elle ne s'est dĂ©veloppĂ©e qu'en regard de son degrĂ© d'utilitĂ© dans ce domaine. La conscience n'est en somme qu'un rĂ©seau de communications d'homme Ă  homme, ce n'est que comme telle qu'elle a Ă©tĂ© forcĂ©e de se dĂ©velopper l'homme solitaire et bĂȘte de proie aurait pu s'en passer. Le fait que nos actes, nos pensĂ©es, nos sentiments, nos mouvements parviennent Ă  notre conscience du moins en partie est la consĂ©quence d'une terrible nĂ©cessitĂ© qui a longtemps dominĂ© l'homme Ă©tant l'animal qui courait le plus de dangers, il avait besoin d'aide et de protection, il avait besoin de ses semblables, il Ă©tait forcĂ© de savoir exprimer sa dĂ©tresse, de savoir se rendre intelligible et pour tout la il lui fallait d'abord la conscience », pour savoir » lui-mĂȘme ce qui lui manquait, savoir » quelle Ă©tait sa disposition d'esprit, savoir » ce qu'il pensait. Car, je le rĂ©pĂšte, l'homme comme tout ĂȘtre vivant pense sans cesse, mais ne le sait pas ; la pensĂ©e qui devient consciente n'en est que la plus petite partie, disons la partie la plus mĂ©diocre et la plus superficielle ; car c'est cette pensĂ©e consciente seulement qui s'effectue en paroles, c'est-Ă -dire en signes de- communication par quoi l'origine mĂȘme de la conscience se rĂ©vĂšle. En un mot, le dĂ©veloppement du langage et le dĂ©veloppement de la conscience non de la raison, mais seulement de la raison qui devient consciente d'elle mĂȘme se donnent la main. Il faut ajouter encore que ce n'est pas seulement le langage qui sert d'intermĂ©diaire entre les hommes, mais encore le regard, la pression, le geste ; la conscience des impressions de nos propres sens, la facultĂ© de les fixer et de les dĂ©terminer, en quelque sorte en dehors de nous-mĂȘmes, ont augmentĂ© dans la mesure oĂč grandissait la nĂ©cessitĂ© de les communiquer Ă  d'autres par des signes. L'homme inventeur de signes est en mĂȘme temps l'homme qui prend conscience de lui-mĂȘme d'une façon toujours plus aiguĂ« ; ce n'est que comme animal social que l'homme apprend Ă  devenir conscient de lui-mĂȘme, il le fait encore, il le fait toujours davantage. Mon idĂ©e est, on le voit, que la conscience ne fait pas proprement partie de l'existence individuelle de l'homme, mais plutĂŽt de ce qui appartient chez lui Ă  la nature de la communautĂ© et du troupeau ; que, par consĂ©quent, la conscience n'est dĂ©veloppĂ©e d'une façon subtile que par rapport Ă  son utilitĂ© pour la communautĂ© et le troupeau, donc que chacun de nous, malgrĂ© son dĂ©sir de se comprendre soi-mĂȘme aussi individuellement que possible, malgrĂ© son dĂ©sir de se connaĂźtre soi-mĂȘme », ne prendra toujours conscience que de ce qu'il y a de non-individuel chez lui, de ce qui est moyen » en lui, que notre pensĂ©e elle-mĂȘme est sans cesse en quelque sorte Ă©crasĂ©e par le caractĂšre propre de la conscience, par le gĂ©nie de l'espĂšce » qui la commande et retraduite dans la perspective du troupeau. Tous nos actes sont au fond incomparablement personnels, uniques, immensĂ©ment individuels, il n'y a Ă  la aucun doute ; mais dĂšs que nous les transcrivons dans la conscience, il ne parait plus qu'il en soit ainsi... Ceci est le vĂ©ritable phĂ©nomĂ©nalisme, le vĂ©ritable perspectivisme tel que moi je l'entends la nature de la conscience animale veut que le monde dont nous pouvons avoir conscience ne soit qu'un monde de surface et de signes, un monde gĂ©nĂ©ralisĂ© et vulgarisĂ©, que tout ce qui devient conscient devient par lĂ  plat, mince, relativement bĂȘte, devient gĂ©nĂ©ralisation, signe, marque du troupeau, que, dĂšs que l'on prend conscience, il se produit une grande corruption fonciĂšre, une falsification, un aplatissement, une vulgarisation. En fin de compte, l'accroissement de la conscience est un danger et celui qui vit parmi les EuropĂ©ens les plus conscients sait mĂȘme que c'est lĂ  une maladie. On devine que ce n'est pas l'opposition entre le sujet et l'objet qui me prĂ©occupe ici ; je laisse cette distinction aux thĂ©oriciens de la connaissance qui sont restĂ©s accrochĂ©s dans les filets de la grammaire la mĂ©taphysique du peuple. C'est moins encore l'opposition entre la chose en soi » et l'apparence car nous sommes loin de connaĂźtre » assez pour pouvoir Ă©tablir cette distinction. À vrai dire nous ne possĂ©dons absolument pas d'organe pour la connaissance, pour la vĂ©ritĂ© » nous savons » ou plutĂŽt nous croyons savoir, nous nous figurons justement autant qu'il est utile que nous sachions dans l'intĂ©rĂȘt du troupeau humain, de l'espĂšce et mĂȘme ce qui est appelĂ© ici utilitĂ© » n'est, en fin de compte, qu'une croyance, un jouet de l'imagination et peut-ĂȘtre cette bĂȘtise trĂšs nĂ©faste qui un jour nous fera pĂ©rir. Le Gai Savoir, V, § 354 Nietzsche[modifier modifier le wikicode] La conscience est la derniĂšre et la plus tardive Ă©volution de la vie organique, et par consĂ©quent ce qu'il y a de moins accompli et de plus fragile en elle. C'est de la vie consciente que procĂšdent d'innombrables faux pas, actes manquĂ©s qui font qu'un animal, un ĂȘtre humain pĂ©rissent avant qu'il n'eĂ»t Ă©tĂ© nĂ©cessaire »en dĂ©pit du destin », comme dit HomĂšre. N'Ă©tait le lien conservateur, infiniment plus fort, des instincts, n'Ă©tait la vertu rĂ©gulatrice qu'il exerce dans l'ensemble, l'humanitĂ© devrait pĂ©rir du fait de ses jugements pervertis, de ses dĂ©lires Ă  l'Ă©tat de veille, de son manque de fondement et de sa crĂ©dulitĂ©, bref de sa vie consciente mĂȘme ou bien plutĂŽt sans tous ces phĂ©nomĂšnes l'humanitĂ© au ! ait disparu depuis longtemps ! Avant qu'une fonction soit dĂ©veloppĂ©e et mĂ»re, elle constitue un danger pour l'organisme tant mieux si pendant ce temps elle est rudement tyrannisĂ©e ! Ainsi se voit rudement tyrannisĂ©e la conscience et sans doute sa propre fiertĂ© n'est-elle pas ici la moins tyrannique ! On croit que c'est lĂ  le noyau de l'homme ce qu'il a de permanent, d'Ă©ternel, d'ultime, de plus originel ! On tient la conscience pour une quantitĂ© stable donnĂ©e ! On nie sa croissance, ses intermittences ! On la conçoit comme unitĂ© de l'organisme » ! Cette surestimation et cette mĂ©connaissance ridicules de la Conscience ont eu pour heureuse consĂ©quence d'Ă©viter son Ă©laboration trop rapide. Parce que les hommes croyaient dĂ©jĂ  possĂ©der la conscience ils se sont donnĂ© d'autant moins de mal Ă  l'acquĂ©rir, et aujourd'hui encore il n'en est guĂšre autrement ! S'assimiler le savoir, se le rendre instinctif, voilĂ  qui constitue une tĂąche absolument nouvelle, Ă  peine discernable, dont le regard humain devine tout juste la lueur une tĂąche qui n'est discernĂ©e que de ceux qui ont compris que seules jusqu'Ă  prĂ©sent nos erreurs s'Ă©taient assimilĂ©es Ă  nous et que toute notre conscience ne se rapporte qu'Ă  des erreurs ! Le gai savoir, I, § 11 Bergson[modifier modifier le wikicode] Comment n'ĂȘtre pas frappĂ© du fait que l'homme est capable d'apprendre n'importe quel exercice, de fabriquer n'importe quel objet, enfin d'acquĂ©rir n'importe quelle habitude motrice, alors que la facultĂ© de combiner des mouvements nouveaux est strictement limitĂ©e chez l'animal le mieux douĂ©, mĂȘme chez le singe ? La caractĂ©ristique cĂ©rĂ©brale de l'homme est lĂ . Le cerveau humain est fait, comme tout cerveau, pour monter des mĂ©canismes moteurs et pour nous laisser choisir parmi eux, Ă  un instant quelconque, celui que nous mettrons en mouvement par un jeu de dĂ©clic. Mais il diffĂšre des autres cerveaux en ce que le nombre des mĂ©canismes qu'il peut monter, et par consĂ©quent le nombre des dĂ©clics entre lesquels il donne le choix, est indĂ©fini. Or, du limitĂ© Ă  l'illimitĂ© il y a toute la distance du fermĂ© Ă  l'ouvert. Ce n'est pas une diffĂ©rence de degrĂ©, mais de nature. Radicale aussi, par consĂ©quent, est la diffĂ©rence entre la conscience de l'animal, mĂȘme le plus intelligent, et la conscience humaine. Car la conscience correspond exactement Ă  la puissance de choix dont l'ĂȘtre vivant dispose ; elle est coextensive Ă  la frange d'action possible qui entoure l'action rĂ©elle conscience est synonyme d'invention et de libertĂ©. Or, chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thĂšme de la routine. EnfermĂ© dans les habitudes de l'espĂšce, il arrive sans doute Ă  les Ă©largir par son initiative individuelle ; mais il n'Ă©chappe Ă  l'automatisme que pour un instant, juste le temps de crĂ©er un automatisme nouveau les portes de sa prison se referment aussitĂŽt ouvertes ; en tirant sur sa chaĂźne il ne rĂ©ussit qu'Ă  l'allonger. Avec l'homme, la conscience brise la chaĂźne. Chez l'homme, et chez l'homme seulement, elle se libĂšre. L'Ă©volution crĂ©atrice, p. 264-265 Marx[modifier modifier le wikicode] Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports dĂ©terminĂ©s, nĂ©cessaires, indĂ©pendants de leur volontĂ© ; ces rapports de production correspondent Ă  un degrĂ© donnĂ© du dĂ©veloppement de leurs forces productives matĂ©rielles. L'ensemble de ces rapports forme ; la structure Ă©conomique de la sociĂ©tĂ©, la fondation rĂ©elle sur laquelle s'Ă©lĂšve un Ă©difice juridique et politique, et Ă  quoi rĂ©pondent des formes dĂ©terminĂ©es de la conscience sociale. Le mode de production de la vie matĂ©rielle domine en gĂ©nĂ©ral le dĂ©veloppement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n'est pas la conscience des hommes qui dĂ©termine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui dĂ©termine leur conscience. À un certain degrĂ© de leur dĂ©veloppement, les forces productives matĂ©rielles de la sociĂ©tĂ© entrent en collision avec les rapports de production existants, ou avec les rapports de propriĂ©tĂ© au sein desquels elles s'Ă©taient mues jusqu'alors, et qui n'en sont que l'expression juridique. Hier encore formes de dĂ©veloppement des forces productives, ces conditions se changent en de lourdes entraves. Alors commence une Ăšre de rĂ©volution sociale. Le changement dans les fondations Ă©conomiques s'accompagne d'un bouleversement plus ou moins rapide dans tout cet Ă©norme Ă©difice. Quand on considĂšre ce bouleversements il faut toujours distinguer deux ordres de choses. Il y a le bouleversement matĂ©riel des conditions de production Ă©conomique. On doit le constater dans l'esprit de rigueur des sciences naturelles. Mais il y a aussi les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques, philosophiques, bref les formes idĂ©ologiques, dans lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le poussent jusqu'au bout. On ne juge pas une Ă©poque de rĂ©volution d'aprĂšs la conscience qu'elle a d'elle-mĂȘme. Avant-propos Ă  la Critique de l'Économie politique Alain[modifier modifier le wikicode] Dans le sommeil, je suis tout ; mais je n'en sais rien. La conscience suppose rĂ©flexion, division. La conscience n'est pas immĂ©diate. Je pense, et puis je pense que je pense, par quoi je distingue Sujet et Objet, Moi et le monde. Moi et ma sensation. Moi et mon sentiment. Moi et mon idĂ©e. C'est bien le pouvoir de douter qui est la vie du moi. Par ce mouvement, tous les instants tombent au passĂ©. Si l'on se retrouvait tout entier, c'est alors qu'on ne se reconnaĂźtrait pas. Le passĂ© est insuffisant, dĂ©passĂ©. Je ne suis plus cet enfant, cet ignorant, ce naĂŻf. ce moment-lĂ  mĂȘme j'Ă©tais autre chose en espĂ©rance en avenir. La conscience de soi est la conscience d'un devenir et d'une formation de soi irrĂ©versible, irrĂ©parable. Ce que je voulais, je le suis devenu. VoilĂ  le lien entre le passĂ© et le prĂ©sent, pour le mal comme pour le bien. Ainsi le moi est un refus d'ĂȘtre moi, qui en mĂȘme temps conserve les moments dĂ©passĂ©s. Se souvenir, c'est sauver ses souvenirs, c'est se tĂ©moigner qu'on les a dĂ©passĂ©s. c'est les juger. Le passĂ©, ce sont des expĂ©rience que je ne ferai plus. Un artiste reconnaĂźt dans ses Ɠuvres qu'il ne s'Ă©tait pas encore trouvĂ© lui-mĂȘme, qu'il ne s'Ă©tait pas encore dĂ©livrĂ© ; mais il y retrouve un pressentiment de ce qui a suivi. C'est cet Ă©lan qui ordonne les souvenirs selon le temps. Alain[modifier modifier le wikicode] L'Ăąme c'est ce qui refuse le corps. Par exemple ce qui refuse de fuir quand le corps tremble, ce qui refuse de frapper quand le corps s'irrite, ce qui refuse de boire quand le corps a soif, ce qui refuse de prendre quand le corps dĂ©sire, ce qui refuse d'abandonner quand le corps a horreur. Ces refus sont des faits de l'homme. Le total refus est la saintetĂ© ; l'examen avant de suivre est la sagesse ; et cette force de refus c'est l'Ăąme. Le fou n'a aucune force de refus ; il n'a plus d'Ăąme. On dit aussi qu'il n'a plus conscience et c'est vrai. Qui cĂšde absolument Ă  son corps soit pour frapper, soit pour fuir, soit seulement pour parler, ne sait plus ce qu'il fait ni ce qu'il dit. On ne prend conscience que par opposition de soi Ă  soi. Exemple Alexandre Ă  la traversĂ©e d'un dĂ©sert reçoit un casque plein d'eau ; il remercie, et le verse par terre devant toute l'arme. MagnanimitĂ© ; Ăąme, c'est-Ă -dire grande Ăąme. Il n'y a point d'Ăąme vile ; mais seulement on manque d'Ăąme. Ce beau mot ne dĂ©signe nullement un ĂȘtre, mais toujours une action. Sartre[modifier modifier le wikicode] Que doit donc ĂȘtre une conscience pour qu'elle puisse successivement poser des objets rĂ©els et des objets imagĂ©s ? ... La condition pour qu'une conscience puisse imaginer est donc double il faut Ă  la fois qu'elle puisse poser le monde dans sa totalitĂ© synthĂ©tique et, Ă  la fois, qu'elle puisse poser l'objet imaginĂ© comme hors d'atteinte par rapport Ă  cet ensemble synthĂ©tique, c'est-Ă -dire poser le monde comme un nĂ©ant par rapport Ă  l'image. Il suit de lĂ  clairement que toute crĂ©ation d'imaginaire serait totalement impossible Ă  une conscience dont la nature serait prĂ©cisĂ©ment d'ĂȘtre au-milieu-du-monde ». Si nous supposons en effet une conscience placĂ©e au sein du monde comme un existant parmi d'autres, nous devons la concevoir, par hypothĂšse, comme soumise sans recours Ă  l'action des diverses rĂ©alitĂ©s sans qu'elle puisse par ailleurs dĂ©passer le dĂ©tail de ces rĂ©alitĂ©s par une intuition qui embrasserait leur totalitĂ©. Cette conscience ne pourrait donc contenir que des modifications rĂ©elles provoquĂ©es par des actions rĂ©elles et toute imagination lui serait interdite, prĂ©cisĂ©ment dans la mesure oĂč elle serait enlisĂ©e dans le rĂ©el. Cette conception d'une conscience embourbĂ©e dans le monde ne nous est pas inconnue car c'est prĂ©cisĂ©ment celle du dĂ©terminisme psychologique. Nous pouvons affirmer sans crainte que, si la conscience est une succession de faits psychiques dĂ©terminĂ©s, il est totalement impossible qu'elle produise jamais autre chose que du rĂ©el. Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle Ă©chappe au monde par sa nature mĂȘme, il faut qu'elle puisse tirer d'elle-mĂȘme une position de recul par rapport au monde. En un mot il faut qu'elle soit libre. L'Imaginaire, Paris, Ed. Gallimard, 1940, pp 346-353. Sartre[modifier modifier le wikicode] Il la mangeait des yeux. » Cette phrase et beaucoup d'autres signes marquent assez l'illusion commune au rĂ©alisme et Ă  l'idĂ©alisme, selon laquelle connaĂźtre, c'est manger. La philosophie française, aprĂšs cent ans d'acadĂ©misme, en est encore lĂ . Nous avons tous lu Brunschvicg, Lalande et Meyerson, nous avons tous cru que l'Esprit-AraignĂ©e attirait les choses dans sa toile, les couvrait d'une bave blanche et lentement les dĂ©glutissait, les rĂ©duisait Ă  sa propre substance. Qu'est-ce qu'une table, un rocher, une maison ? Un certain assemblage de contenus de conscience », un ordre de ces contenus. O philosophie alimentaire ! Rien ne semblait pourtant plus Ă©vident la table n'est-elle pas le contenu actuel de ma perception, ma perception n'est-elle pas l'Ă©tat prĂ©sent de ma conscience ? Nutrition, assimilation. Assimilation, disait M. Lalande, des choses aux idĂ©es, des idĂ©es entre elles et des esprits entre eux. Les puissantes arĂȘtes du monde Ă©taient rongĂ©es par ces diligentes diastases assimilation, unification, identification. En vain, les plus simples et les plus rudes parmi nous cherchaient-ils quelque chose de solide, quelque chose, enfin, qui ne fĂ»t pas l'esprit ; ils ne rencontraient partout qu'un brouillard mou et si distinguĂ© eux-mĂȘmes. Contre la philosophie digestive de l'empiriocriticisme, du nĂ©o-kantisme, contre tout psychologisme », Husserl ne se lasse pas d'affirmer qu'on ne peut pas dissoudre les choses dans la conscience. Vous voyez cet arbre-ci, soit. Mais vous le voyez Ă  l'endroit mĂȘme oĂč il est au bord de la route au milieu de la poussiĂšre, seul et tordu sous la chaleur, Ă  vingt lieues de la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne. Il ne saurait entrer dans votre conscience, car il n'est pas de mĂȘme nature qu'elle. Vous croyez ici reconnaĂźtre Bergson et le premier chapitre de MatiĂšre et MĂ©moire. Mais Husserl n'est point rĂ©aliste cet arbre sur son bout de terre craquelĂ©, il n'en fait pas un absolu qui entrerait, par aprĂšs, en communication avec nous. La conscience et le monde sont donnĂ©s d'un mĂȘme coup extĂ©rieur par essence Ă  la conscience, le monde est, par essence, relatif Ă  elle. C'est que Husserl voit dans la conscience un fait irrĂ©ductible qu'aucune image physique ne peut rendre. Sauf, peut-ĂȘtre, l'image rapide et obscure de l'Ă©clatement ConnaĂźtre, c'est s'Ă©clater vers », s'arracher Ă  la moite intimitĂ© gastrique pour filer, lĂ -bas, par delĂ  soi, vers ce qui n'est pas soi, lĂ -bas, prĂšs de l'arbre et cependant hors de lui car il m'Ă©chappe et me repousse et je ne peux pas plus me perdre en lui qu'il ne se peut diluer en moi hors de lui, hors de moi. Est-ce que vous ne reconnaissez pas dans cette description vos exigences et vos pressentiments ? Vous saviez bien que l'arbre n'Ă©tait pas vous, que vous ne pouviez pas le faire entrer dans vos estomacs sombres et que la connaissance ne pouvait pas, sans malhonnĂȘtetĂ©, se comparer Ă  la possession. Du mĂȘme coup, la conscience s'est purifiĂ©e, elle est claire comme un grand vent, il n'y a plus rien en elle sauf un mouvement pour se fuir, un glissement hors de soi ; si, par impossible, vous entriez dans » une conscience, vous seriez saisi par un tourbillon et rejetĂ© au-dehors, prĂšs de l'arbre, en pleine poussiĂšre, car la conscience n'a pas de dedans », elle n'est rien que le dehors d'elle-mĂȘme et c'est cette fuite absolue, ce refus d'ĂȘtre substance qui la constituent comme une conscience. Imaginez Ă  prĂ©sent une suite lice d'Ă©clatements qui nous arrachent Ă  nous-mĂȘmes, qui ne laissent mĂȘme pas Ă  un nous-mĂȘmes » le loisir de se former derriĂšre eux, mais qui nous jettent au contraire au-delĂ  d'eux, dans la poussiĂšre sĂšche du monde, sur la terre rude, parmi les choses ; imaginez que nous sommes ainsi rejetĂ©s, dĂ©laissĂ©s par notre nature mĂȘme dans un monde indiffĂ©rent, hostile et, rĂ©tif, vous aurez saisi le sens profond de la dĂ©couverte que Husserl exprime dans cette fameuse phrase Toute conscience est conscience de quelque chose. » Il n'en faut pas plus pour mettre un terme Ă  la philosophie douillette de l'immanence, oĂč tout se fait par compromis, Ă©changes protoplasmiques, par une tiĂšde chimie cellulaire. La philosophie de la transcendance nous jette sur la grand-route, au milieu des menaces, sous une aveuglante lumiĂšre. Être, dit Heidegger, c'est ĂȘtre-dans-le-monde. Comprenez cet ĂȘtre-dans » au sens de mouvement. Être, c'est Ă©clater dans le monde, c est partir d'un nĂ©ant de monde et de conscience pour soudain s'Ă©clater-conscience-dans-le-monde. Que la conscience essaye de se reprendre, de coĂŻncider enfin avec elle-mĂȘme, tout au chaud, volets clos, elle s'anĂ©antit. Cette nĂ©cessitĂ© pour la conscience d'exister comme conscience d'autre chose que soi, Husserl la nomme intentionnalitĂ© ». J'ai parlĂ© d'abord de la connaissance pour me faire mieux entendre la philosophie française, qui nous a formĂ©s, ne connaĂźt plus guĂšre que l'Ă©pistĂ©mologie. Mais, pour Husserl et les phĂ©nomĂ©nologues, la conscience que nous prenons des choses ne se limite point Ă  leur connaissance. La connaissance ou pure reprĂ©sentation » n'est qu'une des formes possibles de ma conscience de » cet arbre ; Je puis aussi l'aimer, le craindre, le haĂŻr, et ce dĂ©passement de la conscience par elle-mĂȘme, qu'on nomme intentionnalitĂ© », se retrouve dans la crainte, la haine et l'amour ; haĂŻr autrui, c'est une maniĂšre encore de s'Ă©clater vers lui, c est se trouver soudain en face d'un Ă©tranger dont on vit, dont on souffre d'abord la qualitĂ© objective de haĂŻssable ». VoilĂ  que, tout d'un coup, ces fameuses rĂ©actions a subjectives », haine, amour, crainte, sympathie, qui flottaient dans la saumure malodorante de l'Esprit, s'en arrachent ; elles ne sont que des maniĂšres de dĂ©couvrir le monde. Ce sont les choses qui se dĂ©voilent soudain Ă  nous comme haĂŻssables, sympathiques, horribles, aimables. C'est une propriĂ©tĂ© de ce masque japonais que d'ĂȘtre terrible, une inĂ©puisable, irrĂ©ductible propriĂ©tĂ© qui constitue sa nature mĂȘme, et non la somme de nos rĂ©actions subjectives Ă  un morceau de bois sculptĂ©. Husserl a rĂ©installĂ© l'horreur et le charme dans les choses. Il nous a restituĂ© le monde des artistes et des prophĂštes effrayant, hostile, dangereux, avec des havres de grĂące et d'amour. Il a fait la place nette pour un nouveau traitĂ© des passions qui s'inspirerait de cette vĂ©ritĂ© si simple et si profondĂ©ment mĂ©connue par nos raffinĂ©s si nous aimons une femme, c'est parce qu'elle est aimable. Nous voilĂ  dĂ©livrĂ©s de Proust. DĂ©livrĂ©s en mĂȘme temps de la vie intĂ©rieure » ; en vain chercherions-nous, comme Amiel, comme une enfant qui s'embrasse l'Ă©paule, les caresses, les dorlotements de notre intimitĂ©, puisque finalement tout est dehors, tout, jusqu'Ă  nous-mĂȘmes dehors, dans le monde, parmi les autres. Ce n'est pas dans je ne sais quelle retraite que nous nous dĂ©couvrirons c'est sur la route, dans la ville au milieu de la foule, chose parmi les choses, homme parmi les hommes. La Nouvelle Revue Française, janvier 1939, in Situations I, Tel Gallimard Bibliographie[modifier modifier le wikicode] Descartes, Discours de la mĂ©thode Descartes, MĂ©ditations mĂ©taphysiques Descartes, Principes de la philosophie Pascal, PensĂ©es Locke, Essai sur l'entendement humain Leibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain Kant]], Critique de la raison pure Henri Bergson, Essai sur les donnĂ©es immĂ©diates de la conscience Sigmund Freud, Introduction Ă  la psychanalyse Sigmund Freud, Cinq leçons de psychanalyse Daniel Dennett, La Conscience expliquĂ©e S’il fallait dĂ©finir la confiance en soi en quelques mots, nous pourrions la rĂ©sumer Ă  un sentiment de sĂ©curitĂ© vis-Ă -vis de sa propre personne. Avoir confiance en soi, c’est avoir confiance en son potentiel, ses capacitĂ©s et ses ressources. Pour faire simple, la confiance en soi, c’est se considĂ©rer comme apte Ă  affronter, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les situations qui nous entourent ! La confiance en soi est une qualitĂ© rare dont le manque porte prĂ©judice Ă  la qualitĂ© de la vie de nombreuses personnes. Comment reprendre confiance en soi ? DĂ©couvrons dans cet article les clĂ©s de la confiance en soi. Les avantages de la confiance en soi La confiance en soi, le moyen pour rĂ©aliser ses rĂȘves La confiance en soi est indispensable pour atteindre ses objectifs, et ainsi, rĂ©aliser ses rĂȘves. Toute rĂ©ussite commence dans la tĂȘte. Ce que nous pensons impacte profondĂ©ment sur ce que nous faisons. Le fait de se sentir capable fortifie considĂ©rablement la mobilisation de nos ressources et de nos capacitĂ©s. Celui qui pense rĂ©ussir se donne plus facilement les moyens de rĂ©ussir. La confiance en soi a donc un rĂ©el impact sur votre motivation. Avoir confiance en soi, c’est se savoir en mesure d’affronter une situation, et donc ressentir un sentiment de sĂ©curitĂ© vis-Ă -vis de cette derniĂšre. Ce sentiment de sĂ©curitĂ© permet d’agir mieux, et dans de meilleures conditions. Il Ă©vite, ou tout au moins attĂ©nue, le stress, la peur ou l’anxiĂ©tĂ©, qui sont de rĂ©elles barriĂšres Ă  l’épanouissement et Ă  l’exploitation de ses compĂ©tences. Se sentir apte Ă  rĂ©ussir, c’est aussi se donner le droit de rĂȘver. Cette force intĂ©rieure qui dĂ©coule de la confiance en soi permet d’élargir nos ambitions. La taille de nos projets est gĂ©nĂ©ralement proportionnelle Ă  la taille de ce dont nous nous pensons capables. Ainsi, celui qui a confiance en lui ose prĂ©tendre Ă  de grands desseins. Les gagnants d’aujourd’hui sont souvent les utopistes d’hier. Beaucoup de personnes peuvent constater qu’elles s’infligent elles-mĂȘmes des limites dans leur vie au travers de leurs croyances limitantes. Vous ĂȘtes les auteurs de la majoritĂ© des barriĂšres que vous rencontrez ! Cultiver des pensĂ©es telles que “c’est impossible”, “je n’y arriverais jamais” ou encore “c’est trop difficile pour moi” est le meilleur moyen de ne jamais rien faire. Le manque de confiance en soi ne cesse d’accentuer ces pensĂ©es nĂ©gatives qui figent toute action. Pour rĂ©ussir, il faut oser ! Celui qui emprunte toujours le mĂȘme chemin arrivera toujours Ă  la mĂȘme destination. Autrement dit, si vous voulez changer quelque chose dans votre existence, il faudra aussi changer votre maniĂšre d’agir. Ne jamais se jeter Ă  l’eau est confortable sur l’instant, mais engendre sur le long terme la monotonie. Il ne faut pas avoir peur d’expĂ©rimenter la nouveautĂ©. Pour oser, il faut avoir confiance en soi. Ce qui nous empĂȘche d’oser est gĂ©nĂ©ralement la peur de l’inconnu. La confiance en soi, c’est avoir confiance en sa capacitĂ© d’adaptation, et en sa capacitĂ© Ă  rebondir en toute situation. Ainsi, la situation en question n’a pas d’importance. La force se trouve en vous, et non en l’extĂ©rieur au travers de paramĂštres favorables. Comment reprendre confiance en soi ? Ne perdez pas de temps Face aux tĂąches lourdes et complexes, nous avons tendance Ă  fuir la difficultĂ© au travers de la procrastination. Remettre au lendemain ce que l’on peut commencer Ă  faire dĂšs aujourd’hui est une maniĂšre de se dĂ©douaner provisoirement d’un travail qui nous demande de l’effort. Reprendre confiance en soi fait partie de ces dĂ©marches longues et laborieuses qui peuvent faire peur. Beaucoup veulent pallier leur manque de confiance en eux, mais combien entament rĂ©ellement un travail sĂ©rieux vers cet objectif ? La majoritĂ© des gens se limitent Ă  rĂȘver ce qu’ils voudraient ĂȘtre, ou ce qu’ils voudraient faire, sans jamais avoir le courage de lier l’action Ă  la pensĂ©e. Reprendre confiance en soi est pourtant un acte capital capable de rĂ©volutionner votre maniĂšre de percevoir le monde. La confiance en soi est une clĂ© indispensable, aussi bien dans votre vie personnelle que dans votre vie professionnelle. Elle vous permet d’arborer la vie quotidienne plus sereinement, mais Ă©galement de rĂ©aliser vos rĂȘves, d’aller au bout de vos objectifs. Travailler sa confiance en soi est une dĂ©marche importante que vous devez entamer dĂšs aujourd’hui. Il est inutile de toujours repousser l’échĂ©ance de ce travail complexe. Il faudra, de toute maniĂšre, vous confronter Ă  la difficultĂ© Ă  un moment donnĂ©. Autant ne pas perdre de temps la vie n’attend pas ! Passez Ă  l’action Le moment oĂč il faut basculer de la thĂ©orie Ă  la pratique est toujours dĂ©licat. Il existe une marge importante entre la pensĂ©e et l’action. S’il est relativement simple d’imaginer ce que nous voulons faire, il l’est moins de l’effectuer rĂ©ellement. Nous avons tous tendance Ă  prĂ©fĂ©rer le confort du mental Ă  l’inconfort de la rĂ©alitĂ©. Penser et agir sont pourtant deux Ă©tapes complĂ©mentaires. L’une n’a pas vocation Ă  remplacer l’autre. Elles ont chacune un rĂŽle indispensable Ă  jouer dans la rĂ©alisation d’un objectif ; ici, reprendre confiance en soi ! La pensĂ©e prĂ©pare l’action. Elle est, elle-mĂȘme, en quelque sorte une forme d’action. Il est justement important de penser son action pratique pour que cette derniĂšre se passe le mieux possible. Ne vous lancez Ă  l’aveuglette dans un travail dĂ©sorganisĂ© dont vous ne connaissez pas les rouages. Il est prĂ©fĂ©rable de faire preuve d’organisation et de comprĂ©hension. Tout d’abord, il est intĂ©ressant de comprendre les enjeux liĂ©s Ă  la confiance en soi, et surtout les blocages que vous rencontrez dans ce domaine. Il s’agit, en quelque sorte, d’obtenir une vue d’ensemble, la plus objective possible, du terrain Ă  travailler. Cette dĂ©marche nĂ©cessite une vĂ©ritable introspection. Le manque de confiance en soi est souvent liĂ© Ă  des blessures et des croyances limitantes. Il ne faut pas avoir peur d’explorer en vous-mĂȘme les parties les plus sombres et les plus reculĂ©es. La connaissance de soi, sous toutes ses facettes, est capitale dans l’acquisition de la confiance en soi, mais aussi dans beaucoup d’autres domaines. Elle fait partie du dĂ©veloppement personnel. Cette premiĂšre Ă©tape d’observation avant l’action vous permettra d’établir un plan d’action adaptĂ© Ă  vos besoins spĂ©cifiques. Elle permet, entre autres, de cibler vos points faibles, et ainsi de connaĂźtre Ă  l’avance les difficultĂ©s que vous allez rencontrer. Vous pourrez ainsi orienter votre travail de la meilleure façon qu’il soit. La deuxiĂšme Ă©tape consiste Ă  organiser votre action. Il s’agit, en quelque sorte, d’établir un plan de travail pour atteindre votre objectif. Ce plan de travail se constitue Ă  l’aide des informations obtenues lors de la premiĂšre Ă©tape. Cette Ă©tape est indispensable pour agir de maniĂšre intelligente et efficace. Le passage Ă  l’action n’est possible qu’une fois les deux Ă©tapes prĂ©cĂ©dentes effectuĂ©es avec soin. Le respect des Ă©tapes prĂ©cĂ©dentes doit vous permettre de vous lancer dans la pratique, Ă  votre rythme, et sans craintes. Soyez dĂ©terminĂ© Il faut savoir que l’action n’existe pas sans Ă©checs. Il est impossible de tout rĂ©ussir du premier coup. Il est normal de tomber plusieurs fois avant d’y arriver. La route est longue et pavĂ©e d’embuches. Vous rencontrerez nĂ©cessairement des difficultĂ©s sur le chemin qui mĂšne Ă  la confiance en vous. Le problĂšme de l’échec, c’est qu’il engendre parfois le dĂ©couragement et la perte de motivation. Il n’est pas rare d’avoir l’impression que vous n’y arriverez jamais, et de penser Ă  tout laisser tomber. Ce serait pourtant une grosse erreur. Il ne faut jamais oublier que perdre une bataille, ce n’est pas perdre la guerre ! Pour cette raison, il est important de faire preuve, en toutes circonstances, de dĂ©termination. Quotidiennement, stimulez votre envie d’atteindre votre objectif qu’est la confiance en vous. Le souhait de rĂ©ussir est un puissant catalyseur ! Rappelez-vous les raisons pour lesquelles vous avez souhaitĂ© entreprendre ce travail. Imaginez, avec plaisir, toutes les modifications positives que la confiance en vous pourrait engendrer dans votre vie. Entourez-vous correctement L’importance de l’environnement L’environnement dans lequel nous Ă©voluons a un rĂ©el impact sur notre maniĂšre de penser et notre maniĂšre d’agir. Bien qu’à des niveaux diffĂ©rents, nous sommes tous influençables, et nous ne le rĂ©alisons pas toujours. Inconsciemment, nous avons tendance Ă  nous adapter aux paroles, actions et valeurs des personnes qui nous entourent. Sans que nous le sachions, nos choix sont largement dĂ©finis par le contexte dans lequel nous nous situons. Cette adaptation inconsciente Ă  notre environnement est souvent liĂ©e Ă  la peur du regard et du jugement des autres et au besoin de se sentir intĂ©grĂ© Ă  un groupe. Une personne qui manque de confiance en elle est donc encore plus particuliĂšrement vulnĂ©rable Ă  l’influence d’autrui. En effet, lorsque nous manquons de confiance en nous, nous avons tendance Ă  chercher la validation de l’autre sur notre propre personne. N’étant pas capables de nous estimer nous-mĂȘmes, nous avons besoin de l’estime de l’interlocuteur. Pour obtenir cette validation, nous allons tenter de rĂ©pondre aux attentes et aux projections de l’interlocuteur Ă  notre Ă©gard. Si l’influence de l’environnement, Ă  laquelle il est difficile d’échapper pleinement, peut ĂȘtre favorable, elle peut aussi ĂȘtre grandement nuisible. Pour cette raison, il est indispensable de choisir intelligemment les personnes qui vous entourent. Finalement, est-ce qu’ĂȘtre libre, ce n’est pas choisir soi-mĂȘme ses chaĂźnes ? Vous entourer de personnes positives Pour rester dĂ©terminĂ©, il est capital de vous entourer de personnes fortes qui vous tirent vers le haut. CĂŽtoyez rĂ©guliĂšrement des gens dont vous admirez la confiance. Observez les conseils des coachs en dĂ©veloppement personnel qui font Ă©cho en vous. Vous trouverez de nombreux enseignants sur ce thĂšme, par le biais de sites internet ou de vidĂ©os sur le web. En plus de vous apporter des explications et des exercices pratiques, les Ă©couter stimulera votre motivation. L’idĂ©e n’est surtout pas d’idolĂątrer ces personnes ni de chercher Ă  les copier bĂȘtement. Il s’agit plutĂŽt de vous en inspirer. Prenez seulement chez elles ce qui rĂ©sonne en vous, et laissez de cĂŽtĂ© ce qui ne vous parle pas. Enrichissez-vous de diffĂ©rents points chez diffĂ©rents individus. CrĂ©er votre propre mĂ©lange. Par exemple vous rencontrez une personne dont vous admirez la prestance. Ne cherchez pas Ă  imiter tous ses faits et gestes pour avoir la mĂȘme prestance. Cherchez Ă  dĂ©velopper vos propres spĂ©cificitĂ©s physiques et mentales pour dĂ©velopper votre propre prestance, qui sera unique en son genre. La dĂ©termination s’entretient Ă©galement en cĂŽtoyant des paires, c’est Ă  dire des personnes qui vivent la mĂȘme chose que vous, qui ont le mĂȘme objectif que vous. Cela permet non seulement d’échanger des conseils, des bonnes astuces, mais aussi de s’encourager les uns les autres. Augmentez votre estime de soi Soyez fiers de vous Nous avons tendance Ă  nous juger constamment et de maniĂšre particuliĂšrement sĂ©vĂšre. Nous relevons sans cesse nos dĂ©fauts, nos manquements, nos erreurs, nos Ă©checs, mais beaucoup moins nos qualitĂ©s, nos ressources, nos bonnes idĂ©es et nos rĂ©ussites. Nous accordons une attention parfois disproportionnĂ©e Ă  ce qui ne va pas, et nous ignorons ce qui va. Agir de cette maniĂšre est une erreur. L’humain a tendance Ă  Ă©voluer lorsqu’il est valorisĂ© par son positif, et non Ă©crasĂ© sous son nĂ©gatif. En ne percevant que le moins bon de vous mĂȘme, vous cultivez cette partie de votre ĂȘtre, et vous vous auto-dĂ©couragez Ă  avancer dans le bon sens. Il est trĂšs important d’ĂȘtre fiers de vous. N’attendez pas que les compliments viennent de l’extĂ©rieur. Sachez d’ailleurs que la sociĂ©tĂ© actuelle n’a pas tendance Ă  la valorisation des individus. Ne soyez pas esclave de l’avis des autres. Soyez capable d’ĂȘtre satisfait de votre personne de maniĂšre autonome. A partir de maintenant, exercez-vous, non seulement Ă  vous fĂ©liciter face Ă  toute dĂ©marche positive, mĂȘme minime, mais Ă©galement Ă  trouver ces dĂ©marches positives ! Pour cela, quelques petits exercices simples peuvent vous aider. Par exemple, chaque soir avant de vous coucher, obligez-vous Ă  trouver trois choses effectuĂ©es dans la journĂ©e pour lesquelles vous pouvez vous applaudir. Ne vous comparez pas sans cesse aux autres. Ce qui est simple pour les autres ne l’est pas nĂ©cessairement pour vous. Ce qui est simple pour vous ne l’est pas nĂ©cessairement pour les autres. Chaque personne est diffĂ©rente. Observez votre progression en fonction de votre parcours, de vos spĂ©cificitĂ©s. N’ayez pas honte d’ĂȘtre fiĂšre de vous, mĂȘme pour des choses qui apparaissent comme banales aux yeux des autres. Vous ĂȘtes pour vous-mĂȘme le meilleur juge. Aimez-vous L’amour de soi n’est pas de l’égoĂŻsme, mais une condition indispensable Ă  l’épanouissement. L’amour de soi va de pair avec la confiance en soi. La sociĂ©tĂ©, au travers du concept du narcissisme, nous apprend parfois que s’aimer soi-mĂȘme est un dĂ©faut ou une futilitĂ©. Il n’en est rien. Si ne voir que son bien-ĂȘtre, au dĂ©triment de celui d’autrui, l’est, le rĂ©el amour de soi, lui, reprĂ©sente exactement l’inverse. Il faut justement s’aimer soi-mĂȘme pour aimer les autres. De mĂȘme, avant d’ĂȘtre aimĂ© par les autres, il faut d’abord s’aimer soi-mĂȘme. Inconsciemment, nous cherchons Ă  compenser le manque d’amour que nous avons pour nous mĂȘme par l’amour d’autrui. Et ce, parfois au travers de conduites qui nous sont nĂ©fastes. Pourtant, l’amour de l’autre ne peut remplacer l’amour de soi. L’image que nous avons de nous-mĂȘme structure positivement ou nĂ©gativement notre comportement et notre relation aux autres et au monde qui nous entoure. Il est indispensable de se reconnaĂźtre un minimum de valeur pour rĂ©ussir. L’amour de soi permet de se protĂ©ger, de se mĂ©nager, de connaĂźtre ses intĂ©rĂȘts et d’avoir envie de les atteindre. Autant de critĂšres indispensables au bonheur. Le manque d’amour pour soi se construit gĂ©nĂ©ralement dĂšs l’enfance, au travers de divers traumatismes conscients ou inconscients. Il n’est cependant jamais trop tard pour travailler sur ces blessures et modifier son estime de soi. Cultivez votre estime de vous, travaillez-lĂ  ! Changez votre vision Nous nous voyons souvent au travers d’un miroir dĂ©formant. Le regard que nous portons sur nous-mĂȘmes est loin d’ĂȘtre objectif. Oreilles dĂ©collĂ©es, nez trop grand, strabisme lĂ©ger, poignĂ©es d’amour
 de nombreuses personnes dĂ©veloppent des complexes physiques auxquels elles portent une attention disproportionnĂ©e. Pourtant, quand elles questionnent les autres sur ces derniers, elles constatent que ces particularitĂ©s n’avaient pas Ă©tĂ© remarquĂ©es spontanĂ©ment par leur entourage ! Il en va de mĂȘme pour les situations sociales dans lesquelles nous n’avons pas agi de la maniĂšre dont nous l’aurions souhaitĂ©. Nous sommes persuadĂ©s que le monde entier remarque nos petits ratĂ©s quotidiens, quand, en rĂ©alitĂ©, pris dans le tourbillon des interactions, personne ne porte attention Ă  ces dĂ©tails. Nous avons trop souvent tendance Ă  ne percevoir que nos aspects nĂ©gatifs, et Ă  faire une montagne d’élĂ©ments en rĂ©alitĂ© insignifiants. En agissant toujours de cette maniĂšre, nous dĂ©veloppons une mauvaise estime de nous-mĂȘme, dont dĂ©coule, bien sĂ»r, un manque de confiance en soi. L’estime de soi est l’image que nous avons de nous mĂȘme. Elle correspond Ă  la valeur que nous nous accordons. L’estime de soi est naturellement trĂšs liĂ©e Ă  la confiance en soi. Celui qui a une mauvaise image de lui mĂȘme a tendance Ă  ne pas se sentir capable d’affronter les diffĂ©rentes situations qui l’entourent. Comment croire en son potentiel quand on ne croit pas en sa valeur ? Vous l’aurez compris, pour gagner en confiance en soi, il faut dĂ©jĂ  avoir une bonne estime de soi. Comment amĂ©liorer son estime de soi ? La rĂ©ponse est simple il suffit de modifier votre vision, votre maniĂšre de voir les choses. Il s’agira de travailler sur son image de soi et sur sa vision du soi idĂ©ale, de maniĂšre Ă  ce que l’écart entre les deux se rĂ©duise au maximum. Pour cela, il est important de faire preuve de moins de sĂ©vĂ©ritĂ© Ă  votre Ă©gard en relativisant certains points nĂ©gatifs et en axant votre regard sur des points positifs. L’idĂ©e est de donner le meilleur de vous-mĂȘme en toutes circonstances, tout en Ă©tant dans l’acceptation de ce que vous ne pouvez pas contrĂŽler ou rĂ©ussir dans l’immĂ©diat. De mĂȘme, il faudra faire preuve de plus d’indulgence dans ce que vous considĂ©rez ĂȘtre la perfection. Ne placez pas la barre trop haute. Prenez en compte le principe de rĂ©alitĂ©. Regardez d’oĂč vous partez pour dĂ©finir jusqu’oĂč vous voulez aller. Transformez votre Ă©chec en rĂ©ussite Avant toute chose, il ne faut pas renier ses Ă©checs. Il faut, au contraire, les respecter, les accepter, et mĂȘme, en certaines circonstances, se les remĂ©morer. En vivant dans le dĂ©ni, vous trouverez toujours un boulet Ă  votre pied, comme une blessure non soignĂ©e qui vous empĂȘche d’avancer correctement. Un Ă©chec ne doit pas vous faire encore plus perdre confiance en vous. L’échec est naturel, il fait partie de la vie. Vous avez Ă©chouĂ©, vous Ă©chouez et vous Ă©chouerez encore. Il est impossible de lutter contre cette fatalitĂ© de la nature humaine. Rappelez-vous que vous n’ĂȘtes ni le premier ni le dernier Ă  Ă©chouer. Il est cependant possible de tirer profit de vos Ă©checs. Un Ă©chec ne doit pas juste reprĂ©senter une tache noire sur votre parcours que vous rĂȘvez d’effacer. Au contraire, l’échec est une source de rĂ©flexion et d’apprentissage inestimable. Il ne faut pas vous dĂ©douaner de toute responsabilitĂ© d’un Ă©chec, mais en chercher les causes profondes. Cette dĂ©marche vous permettra de comprendre les choses que vous pouvez modifier pour atteindre votre but. Elle pourra Ă©galement mettre le doigt sur un dysfonctionnement plus profond. Par exemple, vous pourrez en venir Ă  la conclusion que le but ne correspondait pas rĂ©ellement Ă  vos aspirations ou votre profil. Ainsi, il vous sera possible de le modifier. Dans tous cas, il ne faut pas avoir peur de l’échec, et toujours aller de l’avant. Il faut considĂ©rer ce que vous faites comme des expĂ©rimentations qui vous permettent d’aller progressivement vers la bonne direction. Regardez la vie sur le long terme Il est positif d’ĂȘtre capable de s’ancrer pleinement dans l’instant prĂ©sent, mais Ă©galement de se dĂ©finir une ligne directrice gĂ©nĂ©rale, en regardant la vie sur le long terme. Cet Ă©quilibre fragile n’est pas toujours facile Ă  mettre en place. Il permet cependant de vivre intensĂ©ment chaque moment, tout en sachant oĂč l’on veut aller et pourquoi on veut y aller. Ainsi, chaque action que vous entreprenez s’inscrit dans une dĂ©marche globale qui a un sens. Cela vous permet d’agir avec plus de dĂ©termination, et de faire les meilleurs choix pour aujourd’hui, et pour demain. Quand vous savez dans quelle direction vous marchez, la motivation est au rendez-vous. De mĂȘme, effectuer des sacrifices dans l’instant prĂ©sent paraĂźt moins difficile quand on a conscience des bĂ©nĂ©fices que ces derniers peuvent nous apporter demain. Tout est une question de mesure. Attention cependant Ă  ne pas vous montrer trop rigoureux concernant la ligne directrice que vous Ă©tablissez dans votre vie. Une ligne directrice se doit de donner un sens large et gĂ©nĂ©ral Ă  vos actes, pas de les dĂ©finir Ă  l’avance dans les moindres dĂ©tails. La vie est nĂ©cessairement faite de surprises, et il faut apprendre Ă  s’adapter, Ă  s’ajuster, Ă  modifier ses plans parfois. Devenez plus mĂ»r et plus responsable Prenez la responsabilitĂ© de ce qui vous arrive Le dernier point indispensable pour acquĂ©rir la confiance en soi est la responsabilitĂ©. Beaucoup d’ĂȘtres humains tentent sans cesse de se dĂ©douaner de la responsabilitĂ© de leurs actes, de leurs pensĂ©es et de leur destinĂ©e. Ils trouvent des milliers d’excuses pour se convaincre que les Ă©lĂ©ments nĂ©gatifs de leur vie sont toujours de la faute des autres, ou simplement dus au manque de chance. De mĂȘme, ils se complaisent dans leurs manquements en leur trouvant une raison d’ĂȘtre. Ainsi, la majoritĂ© se perçoit comme victime et non comme acteur de son existence. Chacun se laisse balloter de gauche Ă  droite par sa peur, ses croyances limitantes, ses vieux rĂ©flexes, ses pulsions
 sans jamais redevenir maĂźtre de son vĂ©hicule terrestre, ni assumer ce qu’il a engendrĂ©. Nous reproduisons de cette maniĂšre les mĂȘmes schĂ©mas nĂ©gatifs de façon interminable et ignorons la force dont nous disposons en rĂ©alitĂ© pour impacter sur notre vie et le monde. La responsabilitĂ© fait pourtant partie des lois Ă©nergĂ©tiques universelles de l’Univers auxquelles nul ne peut Ă©chapper. De mĂȘme, la responsabilitĂ© consciente est indispensable au dĂ©veloppement personnel. La vie est une succession de choix qui dĂ©finit ce que vous ĂȘtes. MĂȘme le fait de ne rien faire est un choix. MĂȘme le fait de ne rien dire est communication. A chaque instant, par un geste, une parole, un regard, une pensĂ©e, vous pouvez modifier le cours des choses. Un humain inconscient qu’il est co-crĂ©ateur de sa rĂ©alitĂ© ne cessera de subir ses circonstances extĂ©rieures. Pire encore, il en viendra Ă  envier ceux qui semblent en bĂ©nĂ©ficier de plus favorables que lui. Accepter sa part de responsabilitĂ© vis-Ă -vis de soi et du monde, c’est grandir spirituellement, c’est devenir une conscience plus mature, c’est sortir du schĂ©ma bourreau-victime pour reprendre le contrĂŽle de sa vie. Ce travail, vous ĂȘtes le seul Ă  pouvoir l’effectuer. Personne ne doit et ne peut le faire Ă  votre place. Il n’y a pas de recette magique pour gagner en confiance en soi. La confiance en soi est le fruit d’un travail long et complexe. Elle s’inscrit dans le cadre du dĂ©veloppement personnel. Cela signifie qu’elle ne peut s’établir seule, mais s’articule avec d’autres exercices visant Ă  devenir une meilleure version de soi. Un Recueil de textes qui sont tout simplement source de rĂ©flexion, de ressourcement ou de mĂ©ditation, des textes spirituels, paraboles du temps prĂ©sent, histoires vraies... et des contes. Des textes que j'ai accumulĂ©s ici et lĂ  au fil des ans et qui m'ont apportĂ© beaucoup quand je vivais une pĂ©riode difficile. Des textes que j'aime relire, des textes qui ont la couleur de l'arc-en-ciel puisqu'ils expriment ce que l'on ressent parfois Ă  l'intĂ©rieur de nous. Vous recherchez une page en particulier sur ce site ? Inscrivez un mot clĂ© pour retrouver la page.

action faite de soi meme sans reflexion